Sous le Baobab de la République centrafricaine

13 · Publié le jeudi 13 août 2026

Marie-Edith Douzima-Lawson
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13République centrafricainejeudi 13 août 2026

Indépendance du République centrafricaine · 13 août 1960

Marie-Edith Douzima-Lawson

Droit & Justice internationale

Pendant longtemps, on a dit que les victimes de guerre en Centrafrique n'auraient jamais voix au chapitre devant la justice internationale. Marie-Edith Douzima-Lawson, avocate centrafricaine, a passé sa vie à démontrer l'absurdité de cette idée en portant, jusqu'à La Haye, la parole de près de 700 d'entre elles.

Biographie

Avocate au barreau de Bangui, en République centrafricaine, Marie-Edith Douzima-Lawson consacre une grande partie de sa carrière à la défense des droits des femmes dans un pays marqué par des décennies d'instabilité. En juin 1992, elle participe à la création de l'Association des femmes juristes de Centrafrique, qu'elle préside pendant de nombreuses années une organisation d'une centaine de membres, dont les trois quarts sont des avocates en exercice.

Sous sa direction, l'association forme les citoyennes, notamment pendant les campagnes électorales, à connaître et à faire valoir leurs droits. Elle y milite aussi contre les mutilations génitales féminines et pour le respect du Code de la famille et de la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant.

Le déclic

Marie-Edith Douzima-Lawson le dit sans détour : « Les femmes elles-mêmes sont le premier obstacle à leur émancipation. » Une phrase dure, qu'elle prononce non pas pour accuser, mais pour pousser chacune à se défaire du regard que la société a fini par lui imposer sur elle-même.

La réalisation

Ce travail de terrain la conduit vers un tout autre théâtre : celui de la Cour pénale internationale, à La Haye. Elle devient l'une des avocates représentant les victimes dans le procès de Jean-Pierre Bemba, chef de milice congolais jugé pour des crimes commis en Centrafrique entre 2002 et 2003. Elle y représente près de 700 victimes, recueille leurs témoignages, porte leurs préoccupations devant les juges et effectue plusieurs missions de terrain en Centrafrique pour maintenir le lien entre elles et la justice internationale.

Un travail d'écoute et de patience, loin des projecteurs, qui donne enfin un visage et une voix à celles et ceux que la guerre avait réduits au silence.

Message pour les générations futures

On parle beaucoup des grands procès internationaux, rarement des avocates qui, pendant des années, recueillent patiemment la parole de centaines de victimes pour qu'elle porte jusqu'à La Haye. À celles et ceux qui liront son parcours : la justice internationale ne vaut que par celles et ceux qui, sur le terrain, savent écouter avant de plaider. Marie-Edith Douzima-Lawson l'a fait pour son pays. Rehema

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