
Indépendance du Tunisie · 20 mars 1956
Radhia Nasraoui
1953 → · Droit & Droits humains
Pendant longtemps, on a dit qu'en Tunisie, dénoncer la torture d'État revenait à s'exposer soi même à la torture. Radhia Nasraoui, avocate, a passé sa vie à démontrer que ce risque valait la peine d'être couru.
Biographie
Née en 1953 à Tunis, Radhia Nasraoui devient avocate dans les années 1970, sous le régime de Bourguiba. Elle ouvre son propre cabinet en 1978 pour défendre les militants et les syndicalistes poursuivis par l'État.
Le déclic
Elle fonde l'Association de lutte contre la torture en Tunisie, dont l'enregistrement lui est refusé par les autorités en juin 2003. Entre 1998 et 2002, elle et sa famille subissent perquisitions, surveillance et harcèlement constants. En octobre 2003, elle observe une grève de la faim de près de deux mois pour dénoncer cet acharnement.
La réalisation
Distinguée par le prix Roland Berger de la dignité humaine en 2011 puis par le prix Olof Palme en 2012, elle continue après la révolution de 2011 à défendre les victimes de torture et d'exactions, convaincue que la chute d'un régime ne suffit pas à effacer, du jour au lendemain, les pratiques qu'il a laissées derrière lui.
Message pour les générations futures
Radhia Nasraoui s'est battue pendant des décennies contre une pratique que peu osaient nommer publiquement. Elle continue de le faire aujourd'hui, alors que d'autres considèrent le combat déjà gagné. À celles et ceux qui liront son parcours, une révolution politique ne suffit jamais, à elle seule, à changer les pratiques d'un État. Il faut aussi celles et ceux qui continuent d'exiger des comptes après que les caméras sont reparties. Rehema
Un·e artiste Tunisie à découvrir
Emel Mathlouthi
Autrice compositrice devenue malgré elle la voix de la révolution tunisienne, Emel Mathlouthi a porté son titre Kelmti Horra, ma parole est libre, jusqu'à la cérémonie du prix Nobel de la paix 2015. À écouter pour la découvrir, Kelmti Horra.
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